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L'agriculture naturelle comparée avec l'agriculture biologique

TABLE DE CONTENANCE

    I.         Introduction

    Il.        Rencontre avec l'agriculture naturelle

    III.       Base de l'agriculture naturelle Kyusei

    IV.       Responsabilites de l'agriculture naturelle Kyusei

    V.        Forme finale de l'agriculture naturelle Kyusei et ce qui la diffère de l'agriculture biologique

    VI.       Le principe de la creation est de comprendre la nature par déduction

    VII.      Classification des sols selon la microflore

    VIII.     Cercle vicieux dans un sol qui crée la maladie

    IX.       Limites du sol qui elimine la maladie

    X.        Potentiel du sol zymogénique et synthéthique

    XI.       Avantage de l'application des micro-organismes zymogéniques et synthétiques

    XII.      Agriculture naturelle et cooperation internationale

    XIII.     Etat actuel de l'agriculture naturelle utilisant des micro-organismes dans le sol

     

     

    I. INTRODUCTION Une présentation par Prof. Dr. Teruo Higa, de l’ Université Ryukyus, Okinawa, Japon.

     

    Comme il vient d'être dit, l'agriculture m'a intéressé depuis mon enfance. Je suis allé au collège agricole, j'ai étudié l'agriculture à l'université et je m'y suis spécialisé depuis.

    Parmi les documents qui vous ont été distribués aujourd'hui, il y a un article sous couverture jaune appelé "L'Agriculture pour le Nouveau Siècle". C'est un résumé de la conférence que j'ai donné à la première session d'étude qui a eu lieu le 17 mai de cette année pour un groupe de parlementaires qui s'appelle "Shinseiki Bunka Konwakai" (Groupe de la Culture du Nouveau Siècle) et qui est représenté par M. Osamu Inaba. Cèt article contient les conclusions de mon discours d'aujourd'hui.

    J'ai accepté de parler lors de ce séminaire parce que M. Inaba m'a exhorté de le faire considérant que le fait de faire comprendre l'Agriculture Naturelle à autant de parlementaires possibles et en l'étendant au pays entier conduirait à la solution fondamentale des problèmes de l'agriculture du Japon aujourd'hui.

    Ce n'est pas une tâche facile que de considérer l'agriculture à partir du principe de la création. Cependant, je pense qu'on trouvera un moyen de pénétrer le statu quo si nous regardons les divers problèmes de l'agriculture aujourd'hui d'un point de vue extérieur au système technique conventionnel; à savoir d'un point de vue complètement nouveau.

    Il devient de plus en plus accepté de par le monde qu'on ne peut résoudre les problèmes fondamentaux de l'agriculture en étendant sa forme actuelle qui utilise une grande quantité de fertilisants chimiques et des pesticides. Le mouvement mondial de l'agriculture biologique et la création de "L'Association de l'Agriculture Biologique des Parlementaires" au Japon sont typiques des mouvements basés sur cette conviction. C'est un fait incontestable que la méthode actuelle utilisée pour l'agriculture participe à la pollution de l'environnement de la terre dans un sens large, y compris l'érosion du sol de la surface et la pollution de l'eau.

     

     

    II. RENCONTRE AVEC L'AGRICULTURE NATURELLE.

    Contenances

    Dans ma jeunesse, j'ai été très conscient d'un facteur restrictif dans l'agriculture de l'époque puisque je pratiquais la culture depuis mon enfance. Le facteur est que la quantité de compost limite la productron et la gestion de l'agriculture. Je croyais et je crois toujours que l'agriculture serait plus facile s'il n'y avait pas besoin de compost et que la disponibilité de compost posait des limites au développement de l'agriculture.

    Cette conviction m'a amené à entreprendre des études intensives, au lycée puis à l'université, sur des systèmes agricoles qui ne nécessitent pas de compost et qui utilisent des fertilisants chimiques et des pesticides. Même alors, cependant, j'ai été obligé d'admettre le pouvoir qu'a le compost d'améliorer le sol, ce qui me mettait dans un dilemme. Lors de mon doctorat, j'ai travaillé sur la culture sur sable, qui utilise des fertilisants liquides avec le sable comme support de culture, sous la direction du Professeur Fukushima de l'Université de Kyushu. Lorsque j'ai eu un poste dans une université, j'ai continué mon travail sur ce problème. et j'ai pu mettre en place un système de culture sur sable qui ne requiert aucun compost. La méthode de culture sur sable qu'utilise l'Université de Tottori pour le développement du désert est le même type de système. Quand l'ensemble de l'agriculture est considéré, cependant, cette méthode a de nombreuses limites sur son équipement et ses aménagements et ne peut donc pas être appliquée à l'agriculture en général.

    Malgré le fait d'avoir appliqué moi-même cette méthode de culture sur sable au développement des déserts au Moyen-Orient et au développement de l'agriculture en Afrique, en Asie du Sud-Est, en Amérique Centrale et du Sud, j'ai trouvé que la méthode avait différentes limites car elle dépend seulement des fertilisants chimiques et des pesticides, et qu'elle présentait des problèmes concernant la qualité de l'eau et l'environnement. J'ai fait l'expérience de beaucoup de cas où la méthode a crée des problèmes économiques et d'environnement quand nous avons essayé de surmonter ces difficultés.

    A travers ces expériences, j'ai été obligé de conclure qu'il est impossible d'accroître la production agricole en réduisant la nuisibilité des fertilisants et pesticides chimiques sans prendre en compte des facteurs biologiques. Par conséquent, j'ai commencé à considérer des approches biologiques au lieu de mon approche complètement non-biologique jusqu'alors. Au fond de ma pensée cependant, j'avais une forte résistance contre l'utilisation de compost, et j'étais déterminé à n'avoir plus jamais recours à l'ancienne méthode utilisant le compost.

    La solution à ce genre de problèmes vient principalement de l'étude des micro-organismes. Heureusement, en 1970, j'ai eu connaissance du fait que des bactéries photosynthétiques sont efficaces pour l'amélioration de la qualité des mandarines, et j'avais rassemblé des informations concernant différents microorganismes depuis lors. A partir de ces informations, j'ai démarré diverses expériences en 1975, et j'ai pu atteindre une bonne perspective de l'application des micro-organismes en 1982. Je n'ai cependant jamais imaginé que l'étude évoluerait au point où elle en est aujourd'hui.


    C'est environ à cette époque que j'ai découvert les enseignements de Mokichi Okada, le fondateur de l'Agriculture Naturelle Kyusei. Il est également le fondateur de Sekai Kyusei Kyo, une organisation religieuse. Il déclare qu'une condition pour sauver le monde est que: "de la nourriture saine doit être rendue accessible au monde d'une manière suffisante et économique". Il déclare ensuite que: "l'Agriculture Naturele Kyusei est la méthode d'agriculture qui peut, d'une manière responsable, fournir cette nourriture même si la population de la terre continue de s'accroître".

    Pour ceux qui connaissaient l'état de l'Agriculture Naturelle Kyusei à l'époque, cet enseignement apparaissait simplement comme une grande supercherie. Ceux qui pratiquaient l'Agriculture Naturelle Kyusei produisaient en effet des récoltes très saines en utilisant beaucoup de main d'oeuvre sur une petite surface avec un coût de production très haut. On pensait donc que cette méthode n'était donc pas rentable du point de vue économique, et ceux qui la pratiquaient étaient sujets au ridicule. J'ai même pensé que le fait de promouvoir une Agriculture Naturelle Kyusei si improductive pourrait nuire à Sekai Kyusei Kyo.

    Aucune autre religion au monde n'a jamais déclaré clairement qu'elle résoudrait tous les problèmes liés à la nourriture. Ce que les religions faisaient était tout simplement la prière adressée à Dieu pour une abondance de bonne nourriture. Donc, j'étais de l'opinion que le décalage entre la réalité de l'approvisionnement de nourriture et l'idéal de l'Agriculture Naturelle Kyusei d'Okada était dû à un manque de bon sens de sa part.

    Dieu seul sait pourquoi un des étudiants en doctorat de mon laboratoire était membre du personnel de recherche au Centre International de Recherche de l'Agriculture Naturelle. Cet ancien élève à moi, M. Arakawa, a rendu plusieurs visites à mon laboratoire et m'a demandé de soutenir l'Agriculture Naturelle Kyusei. Son enthousiasme m'a enfin décidé à visiter une exposition et des champs de l'Agriculture Naturelle Kyusei. Comme je m'y m'attendais il y avait un décalage entre les enseignements du fondateur et les réalités. Quoiqu'étant partiellement correct, la méthode n'était soutenue dans l'ensemble que par la foi des adhérents à cette religion et ne pouvait pas être diffusée comme un procédé agricole général.

    Lors de ma visite de l'exposition en comparant les produits récoltés qui y étaient exposés avec les enseignements du fondateur, je me suis aperçu qu'il y avait beaucoup de malentendus quant aux enseignements de la part de ceux qui pratiquaient la méthode, et j'ai trouvé en même temps très compréhensible la philosophie et les idées du fondateur.

    Je suis moi-même de l'avis que "la science est simplement un moyen d'expliquer la grandeur de la Nature, et que l'étude scientifique est simplement une méthode pour prouver cela". Donc, la vue d'Okada sur la Nature, à savoir la pensée: "toutes les technologies et les connaissances nécessaires pour résoudre les problèmes humains existent dans la nature. Apprenons de la nature. La Nature est Dieu" m'était très compréhensible.

    Cependant, l'Agriculture Naturelle Kyusei ne montrait pas à l'époque, sauf dans quelques cas exceptionnels, des résultats substantiels en accord avec l'idée de sauver le monde, et donc paraissait absurde. Okada déclare, très sûr de lui: "Ce que je dis est vrai. La science d'aujourd'hui ne peut le saisir simplement parce qu'elle n'a pas encore suffisamment avancé. La science de l'avenir apportera la preuve de ce que je dis". En lisant cela pour la première fois, je pensais que c'était du bluff. D'un autre côté je sentais également un défi de la part d'Okada me disant ,

    "L'agriculture que vous enseignez est absurde et elle fournit du poison aux gens. L'agriculture se trouve dans cette situation parce que vous, les scientifiques, êtes incompétents."

     

     

    III. BASE DE L'AGRICULTURE NATURELLE KYUSEI

    Contenances

    De cette manière je me suis décidé à appliquer à l'Agriculture Naturelle Kyusei la technique d'application des micro-organismes que j'avais élaboré, et à partir de 1983 nous avons commencé des essais pratiques sur les champs de la Ferme lshikagi du Centre de Recherche International de l'Agriculture Naturelle. Les résultats des expériences menées étaient beaucoup mieux que ce qu'on attendait et elles étaient soutenables et reproductibles. Nous avons donc décidé de mener des expériences pratiques également sur l'île principale du Japon pour établir cette méthode comme une nouvelle technique de l'Agriculture Naturelle Kyusei.

    L’idée de cultiver la terre dans un état aussi proche que possible de la nature était primordiale dans l'agriculture Naturelle Kyusei. Dans certains cas, le compost n'était pas utilisé du tout. Les critiques disaient que le fait dans nos expériences d'appliquer des micro-organismes aux cultures et dans les champs (le sol) équivalait à l'utilisation des fertilisants chimiques et pesticides. La vision d'Okada sur la nature était mal comprise et beaucoup de malentendus étaient pris pour la vérité.

    Quand j'ai décidé d'aider les chercheurs de l'Agriculture Naturelle Kyusei, j'ai pensé d'abord rassembler et organiser les enseignements d'Okada dans le domaine de l'Agriculture Naturelle Kyusei. Cependant, cela s'avérait très difficile parce qu'à la surface, ses instructions paraissaient pleines de contradictions étant complètement différentes selon les régions, les sites et les saisons.

    Par exemple, son instruction concernant le compost dans un cas est que "le compost doit être décomposé à moitié" tandis que dans un autre bas il dit que "le compost doit être complètement décomposé"; "il devrait être posé sur la surface du sol", "il devrait être enterré profondément dans le sol" et "les réçoltes poussent mieux si les champs ne sont pas labourés", "le sol devrait être labouré profondément". Ces contradictions peuvent être attribuées à la compilation inorganisée des instructions d'Okada qui avaient été données par rapport aux conditions des champs et des régions. Cependant, ses enseignements du genre "le sol est une masse de fertilisants" (NDTR : dans le sens d'une "masse nourricière") et "plus on cultive successivement différentes cultures, plus le sol devient comme un ouvrier spécialisé et produit des récoltes" pourraient être considérés comme absurdes par même les agriculteurs ordinaires, et il va sans dire, par les chercheurs agronomes. Il donne des instructions extraordinaires dans beaucoup d'autres cas, et il conclut "la Nature contient toute la connaissance nécessaire pour arriver à ces choses. Instruisez-vous de la Nature", en sousentendant que notre savoir est insuffisant si nous ne pouvons pas les atteindre. On pourrait croire que ces enseignements sont irresponsables et ridicules.

    Il est clair que les propositions d'Okada ne peuvent être réussies qu'en mettant en place une méthode d'agriculture qui satisfait tous les principes clairement définis de la nature et qui a aussi une possibilité sans limite d'application. Il est évident également qu'une telle méthode d'agriculture n'est pas praticable par l'extension des méthodes conventionnelles d'agriculture.

    Quoiqu'ayant commencé nos expériences en faisant de notre mieux pour ne pas dévier du cadre conventionnel de l'Agriculture Naturelle Kyusei, nous avons rencontré divers "à ne pas faire" en particulier, l'idée que "il n'est pas naturel d'utiliser des micro-organismes cultivés artificiellement". Nous pouvons réfuter une telle opinion en posant des questions comme: "Est-il naturel de mettre dans les champs de l'herbe coupée ailleurs? "Est-il naturel de labourer les champs?" "Est-il naturel de semer?" "Est-il naturel de désherber?" "Est-il naturel d'arroser les récoltes et les champs?" et "Est-il naturel de cultiver des champs?" Si l'on suivait jusqu'au bout cette logique on arriverait à la conclusion que les êtres humains ne sont pas naturels et, on nierait l'existence même de nos propres congénères.

    Différents arguments sont ainsi construits selon la manière dont on définit la nature. L'Agriculture Naturelle Kyusei est cependant basée sur l'idée d'assurer la production alimentaire pour le monde entier, ce qui est la condition indispensable pour la survie de l'humanité. Donc la base de l'Agriculture Naturelle Kyusei est d'accorder les principes de la nature avec ce but et la forme finale envisagée par le fondateur.

     

     

    IV. RESPONSABILITES DE L'AGRICULTURE NATURELLE KYUSEI

    Contenances

    Le but ultime de l'Agriculture naturelle Kyusei est de sauver l'humanité en se basant sur une vue correcte de la nature et d'assurer le principe de l'existence humaine par la production d'une nourriture abondante et saine, ce qui est la condition la plus fondamentale pour la réalisation de l'idéal d'Okada : "créer le paradis sur terre en éliminant la maladie, la pauvreté et le conflit". Un scénario typique de la destruction de l'humanité est l'incidence de maladies dues au manque de nourriture ou de la nourriture nuisible, la pauvreté causée par la maladie, et le conflit résultant de la maladie et de la pauvreté.

    Le problème de la croissance de la population mondiale qui a un effet ruineux sur l'environnement planétaire ne peut être résolu en élargissant le système actuel de production alimentaire. De plus en plus de gens pensent que la situation actuelle mènera à la destruction de l'humanité, même sans incidence de guerre. L'Agriculture Naturelle Kyusei doit être un système d'agriculture capable d'éliminer ses facteurs négatifs. Elle doit satisfaire les cinq conditions suivantes pour devenir un tel système:

    La première condition est "de produire de la nourriture de qualité supérieure pour améliorer et maintenir la santé humaine", ce qui est basé sur le principe que notre santé dépend de la qualité de la nourriture consommée tout au long d'une vie. Divers problèmes de santé existant de nos jours peuvent être liés à la qualité d'alimentation. Il est clair que les méthodes d'agriculture qui dépendent des fertilisants chimiques et des pesticides ne peuvent résoudre ce problème.

    La deuxième condition est "d'apporter un bénéfice économique et spirituel" à la fois aux consommateurs et aux producteurs. En ce qui concerne la première condition, il a été entièrement démontré que l'agriculture biologique et l'Agriculture Naturelle Kyusei conventionnelle la satisfait. Cependant, sauf 'dans quelques cas particuliers, ces méthodes d'agriculture dans l'état actuel ne peuvent être appliquées à l'ensemble de l'agriculture pour être économiquement rentables aux producteurs et aux consommateurs, en partie à cause du problème d'obtention de quantités suffisantes de matière organique.

    Quoiqu'étant conscients des effets néfastes de l'utilisation des fertilisants et pesticides chimiques, les agriculteurs n'ont pas d'autres choix. Quand les agriculteurs ne pourront plus être fiers de leur rôle de producteurs de nourriture, la production agricole de bonne qualité et les systèmes de marketing déclineront. D'autre part, les consommateurs ne peuvent vraiment bénéficier d'une culture diététique, base de toutes sortes de cultures, que s'ils peuvent avoir de l'alimentation saine.

    La troisième condition est "d'être praticable par tout le monde et d'être durable". Comme la culture de la terre est la base de la vie, une méthode d'agriculture ne peut assurer la fondation de l'existence humaine si tout le monde ne peut la pratiquer! Si une méthode requiert pour ceux qui la pratique la connaissance de noms compliqués des pesticides et fertilisants, ou une formation spéciale ou des machines spéciales, seulement un nombre limité de personnes l'adopteront et l'appliqueront. Il est évident qu'une telle situation créera des nouvelles crises de paix mondiale comme on peut en voir à partir de la stratégie des USA dans le domaine de la production alimentaire. La condition de durabilité est évidente. Satisfaire cette troisième condition en même temps que la deuxième condition conduit à une agriculture, qui peut être pratiquée avec fierté, et qui peut également résoudre le problème de trouver des successeurs aux agriculteurs.

    La quatrième condition est "de protéger l'environnement d'une manière responsable". L'abus des fertilisants et pesticides chimiques pollue non seulement les champs mais également les rivières, la mer et d'autres environnements, puisque cet abus est lié directement à la pollution de l'environnement sur l'échelle planétaire. Une telle agriculture crée un effet boomerang et peut être définie comme suicidaire. C'est un fait connu que le principe de pérennité permanente de l'humanité ne peut être soutenu sans la sauvegarde des ressources naturelles et la protection de l'environnement. Il y a cependant peu de systèmes agricoles qui peuvent vraiment satisfaire cette condition en même temps que les conditions précédentes. Sur l'échelle planétaire, les sauvegardes de l'environnement incluent la prévention de l'accroissement du taux de dioxide de carbone dans l'atmosphère, la destruction de la couche d'ozone et la désertification des terres fragiles.

    La cinquième et dernière condition est "de produire de manière responsable assez de nourriture pour la population croissante mondiale". Bien qu'il soit très difficile de satisfaire parfaitement même une seule des quatre premières conditions, l'Agriculture Naturelle Kyusei, telle qu'elle est conçue par le fondateur, doit fondamentalement résoudre le problème de l'approvisionnement alimentaire et de la santé humaine, en plus du fait de satisfaire les quatre autres conditions. Il y a des gens qui disent: "Ce n'est qu'un idéal. Il serait impossible de l'atteindre en réalité. La seule façon de résoudre ces problèmes est de limiter la croissance démographique mondiale et d'établir des normes plus strictes pour l'environnement". Quoique de telles mesures doivent être également prises, l'Agriculture Naturelle Kyusei ne peut être ce que prônait Okada, sans satisfaire les conditions décrites ci-dessus.

     

     

    V. FORME FINALE DE L'AGRICULTURE NATURELLE KYUSEJ ET CE QUI LA DIFFERE DE L'AGRICULTURE BIOLOGIQUE

    Contenances

    Le fondateur précise quelques caractéristiques par lesquelles l'Agriculture Naturelle Kyusei peut satisfaire les cinq conditions décrites dans le chapitre précédent.

    La première condition est de rendre le sol comme une masse nutritive, fertilisante, à savoir d'établir une technique qui utilise le sol remplissant à lui seul cette fonction de masse nutritive. La deuxième est d'établir une technique qui permet au sol de devenir comme un ouvrier spécialisé et de supporter plus de récoltes au fur et à mesure des nouvelles plantations. La troisième est de ne pas polluer la terre et de permettre au potentiel du sol d'être pleinement exprimé, ce qui supprime l'invasion des maladies et des insectes. Il déclare que ces conditions conduisent à une agriculture paradisiaque (*NDTR : dans 1e sens d'une société harmonieuse sans maladie, sans conflit et sans pauvrété) qui ne requiert pas le labour ni d'autres pratiques qui nécessitent beaucoup de main d'oeuvre.

    Nous savons maintenant que l'Agriculture Naturelle Kyusei préconisée par Okada n'est pas un système d'agriculture naturelle dans lequel aucun travail n'est effectué et tout laissé à la nature. Elle est tout aussi fondamentalement différente de l'agriculture biologique qui, en premier lieu, se réfère à la méthode ancienne d'agriculture n'utilisant ni fertilisants chimiques nt pesticides; elle cherche une nouvelle méthode d'agriculture. Dans un sens plus large, l'agriculture naturelle dans laquelle tout est laissé à la nature, et l'agriculture biologique ne sont que des moyens pour arriver à l’Agriculture Naturelle Kyusei d'Okada. Nous devons comprendre que beaucoup d'échecs, de malentendus, de blâmes, et de critiques de l'Agriculture Naturelle Kyusei sont la conséquence des problèmes cumulés mal compris, sans qu'aucune tentative n'ait été faite pour les résoudre.

     

     

    VI. LE PRINCIPE DE LA CREATION EST DE COMPRENDRE LA NATURE PAR DEDUCTION.

    Contenances

    Le fait de considérer l'agriculture à partir du principe de la création peut sembler quelque peu exagéré, mais pour démarrer il faut commencer par une définition de ce qu'est la création. La définition de la création dépend en grande partie d'où on trace la ligne de départ. Si nous interprétons très strictement le sens de la création, nous trouvons que très peu d'activités humaines sont fondamentalement créatives et que dans la plupart des cas, des êtres humains prennent tout simplement ce qui est utile dans la nature et le transforment à leur convenance.

    Par exemple, la technologie de la recombinaison des gènes dont on parle beaucoup aujourd'hui, est une technologie historique qui est très créative en comparaison avec la technologie conventionnelle. On peut cependant faire la remarque qu'en développant cette technologie des scientifiques ont seulement élucidé un phénomène existant dans la nature et ont accéléré son application sans véritablement créer quelque chose au vrai sens du mot. Il en est de même dans les technologies de la génération de la puissance nucléaire, la fusion nucléaire, les semi-conducteurs et la supraconductivité, où les êtres humains ont simplement élucidé des phénomènes naturels et les ont appliqués à la science. Dans ces exemples, les êtres humains n'ont rien créé de fondamental aux technologies par rapport à la nature. Puisque ce niveau de la création ne peut être atteint par les êtres humains, la création devrait être définie au niveau inférieur suivant. Là, la création est le fait de produire quelque chose d'utile qui n'existait pas auparavant ou de produire quelque chose d'une valeur nouvelle. Cela peut être du hardware tel que des machines ou des aménagements, ou quelque chose sans forme concrète tel l'art, la philosophie, la religion ou des programmes avancés pour ordinateur. De toutes manières, la chose créée ne doit pas être en contradiction avec elle-même ou elle, doit posséder un mécanisme qui permet, en cas de contradiction avec elle-même, de la convertir d'une manière évolutive en capacité d'être utile ou de s'arrêter.

    Si une invention ou une technologie abime des êtres humains ou mène à la destruction de la vie humaine ou de la nature, elle dévie du principe de la création, quelque que soit son utilité ou la manière dont elle parait créative. Quand nous limitons la définition de la créatIon de cette façon, et que nous considérons l'agriculture de ce point de vue, on peut dire que l'agriculture de l'avenir n'est réalisable qu'avec l'Agriculture Naturelle Kyusei préconisée par Mokichi Okada.

    Avant de parler de l'Agriculture Naturelle Kyusei, nous devons d'abord définir la nature. Celle-ci peut être définie comme étant toutes les formes d'existence non touchées par l'être humain ainsi que tous les genres de phénomènes liés à l'échange de l'énergie solaire sur terre, dans l'eau et dans l'atmosphère ainsi que la vie sur terre ou dans tout l'univers y compris la planète Terre. La règle de base de l'agriculture est de soutenir à vie humaine avec la vie naturelle. Donc tes techniques agricoles doivent se conformer aux principes évolutifs de la vie, et selon ces principes elles doivent permettre la vie de toutes les formes de vie et assurer la base de l'existence humaine. Il est essentiel de comprendre la nature de ce point de vue.

    Entre paranthèse, je travaille sur la plantation des arbres dans la zone de l'éboulement de terrain d'Ohwasa au Mont Fuji. Il y a des personnes qui critiquent cette plantation comme un acte destructeur de la nature. Notre méthode de base est cependant de faire simplement des boulettes de boue en mélangeant ensemble les graines d'environ vingt plantes alpines, des fertilisants biologiques, et des micro-organismes efficaces dans de l'argile saturé de calcium et de les répartir ou les enterrer dans la zone d'éboulement. Ces boules de boue ne contiennent pas de graines de mauvaises herbes étrangères telles les grands solidagos. Malgré le fait que la plupart de ces graines viennent de plantes existant déjà sur le Mont Fuii, il y a des personnes qui nous critiquent parce que les boules de boue contiennent des graines de vesces de lait chinoises, de l'avoine ou des sapins japonais qui n'existent pas dans la nature du Mont Fujii. Il y a même des gens qui insistent, en négligeant les réalités, qu'on devrait apprécier le Mont Fuji de loin sans y toucher et laisser l'éboulement tel qu'il est, même s'il s'aggrave.

    L'éboulement d'Ohsawa est maintenant si grave qu'il peut conduire à la destruction du Mont Fuji lui-même et la plupart des gens, admettront qu'il est impossible pour la nature de restaurer la zone d'éboulement. La pluie acide créée par les gaz d'échappement des usines dans les environs a aussi un effet sur l'éboulement, quoiqu'indirectement. Si l'éboulement est laissé tel qu'il est, les désastres qui pourront y advenir seront inévitablement beaucoup plus graves que ceux du passé.

    Quoiqu'ayant dépensé plus de 50 milliards de yen sur l'éboulement d'Ohsawa, le Ministère de la Construction du Japon vient tout juste d'achever des structures de prévention de désastres mais n'a pas pris de mesures concrètes pour l'endroit qui est l'origine de l'éboulement. Malgré le fait que nos activités de plantation d'arbres soient toutes effectuées par des bénévoles, il y a des gens qui nous critiquent, sans connaître nos agissements, disant même que nous gaspillons l'argent des impôts, ce qui est complètement faux. Si le Mont Fuji est détruit causant d'énormes désastres, ce serait complètement ridicule de parler de la préservation de la nature. Nous ne sommes pas en train d'essayer de bétonner le Mont Fuji, mais de tenter d'aider à son rétablissement naturel.

    De telles personnes oublient tout simplement le principe de l'existence humaine et s'opposent à différentes activités juste pour s'y opposer sous prétexte de la sauvegarde de l'environnement. Une telle opposition crée divers problèmes pour la préservation de la nature. Cette préservation doit être basée sur le principe de la préservation de l'existence humaine.

    Une autre chose que nous devons savoir pour comprendre la nature est que, face à un problème, la nature est capable soit d'éliminer la contradiction d'une manière autonome soit de l'éliminer en la prenant en elle-même d'une manière évolutive, menant ainsi à la stabilité de la nature et au principe de révolution.

    Le modèle le plus symbolique de cette capacité est l'être humain. L'univers a commencé à partir du Big Bang et la Terre à partir des substances nonorganiques. A un moment donné, la vie a été créee sur Terre; elle est devenue de plus en plus complexe et puis a évolué plus loin jusqu'à l'être humain. Les caractéristiques de base de la vie et du principe de l'évolution sont détérminées par les gènes (ADN). C'est à dire: les êtres vivants qui ont acquis une plus haute densité de gènes (ADN) ont obtenu un avantage sur les autres, et l'être humain actuel est le résultat d'un tel processus.

    Donc, l'être humain possède tous les éléments d'évolution existants dans la nature, et tous les éléments biologiques sur la terre ont été, à travers l'évolution, condensés dans l'être humain. A cause de cela, l'être humain a des capacités spéciales différentes de celles des autres êtres vivants dans diverses situations. Par exemple, si une personne parle toujours aux micro-organismes qu'il cultive dans son laboratoire, ces micro-organismes commencent à l'écouter. On ne peut dire que les êtres humains sont capables de cultiver des plantes et d'élever des animaux divers simplement à cause de leur capacité intellectuelle plus dévéloppée que celle des autres êtres vivants.

     

     

    VII. CLASSIFICATION DES SOLS SELON LA MICROFLORE

    Contenances

    Maintenant revenons au sujet principal. Vous pouvez vous demander si le sol peut être transformé en une masse nutritive fertilisante permettant des plantations consécutives, et si des récoltes peuvent être obtenues de manière économe sans labourer le sol et sans utiliser de fertilisants chimiques et de pesticides. Cela est extrèment difficile à obtenir avec la technique conventionelle d'agriculture ou avec son extension.

    La technique courante agricole est un système dominé par des approches de thérapie symptomatique, et c'est un système qui requiert des fertilisants chimiques et des pesticides. La plus grande erreur de ce système est le fait qu'il soit construit sur la base de chimie non-organique et qu'il ne prend en considération, ni la chimie organique ni les phénomènes vitaux dans le sol.

    La gestion actuelle du sol se base principalement sur la chimie (acides, bases et nutriments non-organiques) et la physique (la perméabilité du sol vis-à-vis de l'air, la perméabilité du sol vis-à-vis de l'eau et la capacilté de rétention d'eau) du sol. La biologie du sol n'est considérée qu'à travers l'application de substances organiques pour accroître l'humus. Donc, le classement des sols est également basé sur leur chimie et la physique, et il n'existe à ce jour aucun classement systématique des sols basé sur leur biologie.

    Il a été clairement établi à partir de notre étude que les caractères du sol dépendent largement des micro-organismes qui y habitent. Par conséquent, nous avons classé les sols en quatre types:

    Sol qui crée la maladie,

    Sol qui supprime la maladie,

    Sol zymogénique,

    Sol synthétique.

     

     

    VIII. CERCLE VICIEUX DANS UN SOL QUI CREE LA MALADIE

    Contenances

    La raison pour laquelle la technique agricole actuelle a des limites est qu'elle est basée sur des approches non-organiques mentionnées auparavant, et que son système de gestion du sol mène à la fin à un sol créateur de maladies ("putréfacteur"). La putréfaction du sol, c'est-à-dire la putréfaction des substances organiques labourées dans le sol, accompagnée des mauvaises odeurs, est un phénomène révélateur de la décomposition des matières organiques en matières non-organiques. En termes de phénomène ionique, c'est l'accumulation des ions positifs.

    La putréfaction est également un phénomène qui crée des produits instables, intermédiaires et une grande quantité de chaleur tandis que des substances organiques sont décomposées en substances inorganiques par des micro-organismes. De tels produits intermédiaires et la chaleur sont nuisibles aux plantes et aux animaux et ne peuvent être utilisés en tant qu'énergie utile.

    L'enseignement ancien "utiliser du compost complètement décomposé" est basé sur ce fait. C'est aussi la raison pour laquelle les récoltes ont une tendance à être desséchées ou infestées de maladies et d'insectes nuisibles si le compost utilisé n'est pas complètement décomposé.

    Les cultures sont fréquemment infestées de maladies et d'insectes nuisibles quand le sol devient "putréfacteur". Cela se passe également quand les cultures deviennent malsaines. Ce mécanisme causant la maladie s'applique à la fois aux animaux et aux plantes. La maladie et les insectes nuisibles existent dans la nature pour éliminer et décomposer rapidement les êtres vivants qui ont succombé aux divers facteurs de stress, devenant inaptes à l'existence. Donc, on ne peut dire que les cultures sont infestées de maladies et d'insectes nuisibles dans des conditions aptes à assurer leur existence. Il y a des gens qui croient que des légumes mangés par des vers ne sont pas dangereux car cultivés sans pesticides. De tels légumes sont cependant inaptes à l'existence, et ne peuvent donc pas être bon pour le corps humain. La prévention de la maladie et l'infestation des insectes commencent avec la purification de l'environnement de la culture. Cependant, puisque la plupart des micro-organismes dans la nature sont "putréfacteurs", des conditions pour la putréfaction sont facilement établies si l'environnement de la culture n'est pas dérangé. A cause de cela, les gens ont l'idée que tous les êtres vivants pourrissent inévitablement après la mort et retournent au sol. On pense que c'est le principe de l'énergie et des cycles des éléments dans la nature.

    L'agriculture a été pratiquée continuellement à l'intérieur de ce cycle fondamental. Quand la production agricole est basée sur le point de non-retour dans lequel l'énergie fixée en forme de substances organiques est décomposée et retourne aux substances non-organiques, la production peut être augmentée seulement par l'extension de la surface cultivée. Les régions de la terre qui peuvent servir à l'agriculture fertile sont limitées, et l'expansion des terres agricoles par la récupération de la terre approche à sa fin.

    Les engrais chimiques et les pesticides étaient vus comme des moyens efficaces de production sur des terres agricoles limitées. Cependant, s'ils ne sont pas utilisés correctement, ou s'ils sont employés de manière excessive, ils peuvent abimer les fonctions intrinsèques du sol. Plus on les utilise, plus les ions positifs s'accumulent changeant le sol en un sol créateur de maladies qui cause l'infestation fréquente de maladies et des insectes.

    Par conséquent, des insectes et des micro-organismes qui ne nuisaient pas beaucoup aux cultures devenaient subitement nuisibles, et maladies et insectes résistants aux pesticides apparaissaient l'un après l'autre, formant un cercle vicieux en même temps que le développement des nouveaux pesticides. Le même phénomène peut être observé dans la médecine.

    Une telle situation désigne tout simplement la chute de la méthode actuelle d'agriculture. Nous devons nous rendre compte que le système actuel de production agricole, basé sur des approches non-organiques utilisant des fertilisants chimiques et des produits chimiques agricoles, participe en fait à la "disruption" de l'environnement. Un tel système, qui cause et amplifie sa propre contradiction, peut être défini comme très peu naturel et être la cause du cercle vicieux qui menace l'existence de l'humanité.

    Tous ces problèmes sont causés par le processus de putréfaction, c'est-à-dire, le changement du sol en sol créateur de maladies sans l'utilisation de ses capacités intrinsèques. Les problèmes écologiques et les problèmes médicaux ont leur origine dans cette même manière de penser.

     

     

    IX. LIMITES DU SOL QUI ELIMINE LA MALADIE

    Contenances

    Les divers mouvements d'agriculture biotogique ont été créés pour corriger cet état des choses en arrêtant l'utilisation des fertilisants chimiques et des produits chimiques et en transformant l'agriculture conventionnelle (agriculture classique) en agriculture biologique. Pour assurer la production de nourriture saine, ils se sont d'abord tournés vers l'ancienne méthode d'agriculture sans fertilisants chimiques ni produits chimiques agricoles, et ont commencé ensuite à établir un système agricole sans danger, différent de l'agriculture conventionnelle. L'agriculture biologique s'est étendue de par le monde non seulement comme un moyen de production alimentaire, mais également en tant que mouvement social dans un sens plus large pour protéger l'existence des êtres humains et celle de l'environnement. Cependant, quand ce système est considéré du seul point de vue de la production alimentaire, il montre une efficacité économique très réduite, nécessitant une grande quantité de substances organiques et de main-d'oeuvre. Il est estimé que cette méthode ne pourra nourrir que la moitié de la population actuelle du monde même en ce développant davantage.

    Au taux de croissance actuelle, la population mondiale atteindra au moins sept milliards ou peut-être neuf milliards de personnes. Il est présumé que le système agricole actuel, même en extension, ne peut soutenir qu'une population de sept milliards au maximum. En plus, si les problèmes écologiques et la quatité de la nourriture produite sont pris en considération, notre avenir est sans espoir.

    Comme il est mentionné auparavant, les terres agricoles actuelles sont pour la plupart du genre créateur de maladies, et le potentiel de production est mené constamment vers la baisse. Donc, sa tolérance à l'égard de la pollution de l'environnement et des changements dans la nature est très basse. Par exemple, s'il y a une sécheresse telle que celle qui a eu lieu aux USA en 1988, il y aura énormément de dégats.

    D'une manière générale, la productivité des sols infertiles et dégradés est restaurée par l'augmentation de leur contenu en humus en utilisant, du compost complètement décomposé et en effectuant en même temps divers types de traitements du sol. Quand l'agriculture biologique est pratiquée sur des terres agricoles pauvres, la fertilité du sol est graduellement améliorée, et les infestations de maladies et d'insectes sont réduites. Pour aboutir à cela, it faut en règle générale entre quatre et cinq ans.

    Un sol dans lequel les infestations de maladies et d'insectes sont éliminées est normalement appelé un sol qui supprime la maladie. La plupart des sols forestiers combattent fortement la maladie. Si une forêt est abattue et le sol de la surface laissé intact, et qu'on le cultive, les récoltes seront bonnes tant que le pouvoir du sol d'éliminer la maladie restera efficace. Au fur et à mesure que le contenu en humus diminue, et que la fertilité du sol diminue, il devient un sol créateur de maladies: ces dernières ainsi que des insectes nuisibles envahissent souvent les plantations. La méthode agricole qui consiste à couper et brûler était effectuée comme une mesure primitive contre cela. Cependant, la rotation excessive des champs à cause de l'augmentation de la population a diminué de beaucoup la fertilité du sol.

     

    Il est évident que la production des récoltes peut être augmentée sans utilisation des fertilisants chimiques et produits chimiques agricoles quand le sol est transformé en un sol qui élimine la maladie en ajoutant des substances organiques. Cependant, cela pouvait être considéré comme rentable sur le plan économique seulement dans des cas de réussite à une époque où il n'y avait pas de produits chimiques agricoles. L'agriculture biologique actuelle n'a pas beaucoup changé cette situation. Quoique ne dépendant pas des fertilisants chimiques et des produits chimiques agricoles, cette agriculture a beaucoup de problèmes pour se développer en tant que méthode d'agriculture d'ensemble. Par conséquent, le coût de la nourriture saine sera inévitablement de 4 à 5 fois le coût de la nourriture actuelle.

     

     

    X. POTENTIEL DU SOL ZYMOGENIQUE ET SYNTHETHIQUE

    Contenances

    Jusqu'ici j'ai décrit le concept de la nature, la philosophie fondamentale de l'Agriculture Naturelle et les problèmes de l'agriculture actuelle. J'aimerais maintenant décrire une nouvelle technique qui peut surmonter les problèmes des systèmes agricoles d'aujourd'hui, à savoir: les fondements de la production alimentaire et la préservation de l'environnement qui sont basés sur le principe de la création.

    L'idée de base de cette technique est d'établir l'équilibre d'énergie dans la nature sans créer la pollution. La décomposition des substances organiques par la putréfaction est un processus typique de ceux qui créent la pollution. L'étendue de la pollution de l'environnement s'accroit de par le monde à cause du manque de compréhension, qu'au sens plus large l'accroissement de l'entropie (pollution) de la terre existe parce que nous ne purifions pas les substances nuisibles en temps voulu.

    Au même titre qu'il existe un principe de la nature selon lequel toute matière qui existe, vieillit et dégénèrent inévitablement, il y également un principe de régénération selon lequel des substances nuisibles sont consommées pour y synthétiser des substances utiles. La terre, dont les origines sont des substances non-organiques, peut soutenir tant de vie seulement parce qu'elle a établi des processus et des systèmes qui peuvent transformer des substances nuisibles en substances sans danger ou de l'énergie qui se multiplie elle-même d'une manière auto-entretenue (self-contained).

    La technique agricole conventionnelle (classique) néglige les processus évolutifs de la nature et dépend trop de la thérapie symptomatique. Par conséquent, elle est tombée dans un cercle vicieux qui fait qu'elle se contredit de plus en plus. Cela a mené plus loin à l'idée que le sol est toujours dégénéré si on le cultive, et beaucoup de gens croient en des théories qui justifient la culture hors sol, comme la culture pratiquée en solution nutritive.

    A travers nos expériences effectuées sur l'application des microorganismes sur les cultures, il est devenu évident que l'effet des micro-organismes diffère beaucoup selon les conditions du sol et la procédure d'application. En particulier, nous avons trouvé que des micro-organismes zymogéniques et synthétiques qui coexistent dans le sol suppriment la production de chaleur et de gaz quand des nouvelles substances organiques sont labourées dans le sol, et qu'ils sont très efficaces pour la croissance des cultures et l'augmentation de leur rendement.

    Comme j'ai remarqué précédemment, si des substances organiques nouvelles sont labourées dans un sol qui contient des micro-organismes "putréfacteurs", du gaz et de la chaleur nuisibles sont produits, atteignant les cultures. Nous avons cependant observé que, si les micro-organismes dans le sol sont principalement zymogéniques, les substances labourées dans le sol sont transformées en amino-acides et saccharides qui sont utiles aux plantes, et recyclés comme source d'énergie organique.

    Des exemples connus des produits crées lors de tel processus sont: la nourriture fermentée comme le miso (le beurre de soja), la sauce de soja et des haricots de soja fermentés comme le fourrage ensilé pour le bétail. A la différence de la putréfaction, la fermentation est le processus par lequel des substances organiques sont transformées en d'utiles substances solubles dans l'eau lors du processus de décomposition. Lors de ce processus, les protéines sont tranformées en divers acides aminés, et en substances dérivées de l'amidon, la cellulose et la lignine, par exemple, sont transformées en saccharides.

    Si le sol est putride, des substances organiques déchargent leur énergie dans l'air sous forme de gaz et de chaleur, causant une pollution, et sont décomposées en substances non-organiques. Ainsi des substances organiques retournent au point de départ de l'évolution. Si par contre, la terre est zymogénique, les substances organiques sont stockées en tant que forme d'énergie soluble dans l'eau, et utilisées comme énergie organique par les plantes ne produisant ni gaz ni chaleur, et ne créant par conséquent aucune pollution. Puisque l'énergie stockée de cette manière dans les plantes est réutilisée lors de ce processus sans être transformée ni en dioxide de carbone ni en eau, le processus peut fonctionner comme une technique d'élimination de la perte d'énergie due à la pollution par le dioxide de carbone et par la chaleur, ou comme une technique de récupération d'énergie. Ainsi l'énergie de la terre est récupérée à travers la production agricole et stockée comme nourriture. Puisque la plupart de l'énergie, une fois transformée en substances organiques, peut être réutilisée dans ce processus, le manque de nourriture n'existerait théoriquement pas même si la croissance de la population mondiale se poursuit au taux actuel.

    Cela peut être expliqué plus simplement en utilisant l'analogie de la démolition d'une construction avec le dégré de recyclage qui en résulte. Dans le cas d'un bâtiment insalubre, celui-ci est totalement détruit d'une telle façon que presque rien qui en reste ne peut être recyclé. Dans le cas de démoliton d'une construction du type zymogénique, le bâtiment est divisé en matières séparées comme le verre, le ciment, le bois, l'aluminium et le fer, de manière à ce qu'on puisse réutiliser ces matières pour construire un autre bâtiment.

    Un tel processus est possible dans le domaine de la production alimentaire, mais personne ne s'attendait à ce qu'il soit praticable pour le sol.

    Ce processus peut être réalisé simplement en changeant la microflore dans le sol en celle du type zymogénique par l'application des micro-organismes zymogéniques. Malgré le fait que cette technique ait suscité un intérêt dans les domaines de l'alimentation humaine et animale, personne n'a jamais eu l'idée de l'appliquer aux cultures tout simplement parce que ce phénomène est très rare dans la nature. Quoique j'ai dit que des substances organiques étaient réutilisées comme de l'énergie organique lors de ce processus, vous vous demandez peut-être ce que deviennent des substances organiques putrides telles les excréments de matière fécale et l'urine. Si une petite quantité des sources de carbone supplémentaire est ajoutée à la terre, de telles substances sont transformées par le processus qui synthétise des produits putrides intermédiaires en d'utiles substances organiques solubles dans l'eau.

    Les micro-organismes principaux qui travaillent lors de ce processus sont des micro-organismes synthétiques, tels des bactéries photosynthétiques et des bactéries qui fixent l'azote. En règle générale, la photosynthèse est le processus par lequel l'eau est décomposée en oxygène et en hydrogène dans la chlorophylle en utilisant l'énergie solaire. L'oxygène est libéré dans l'air et l’hydrogène est utilisé pour réduire le dioxide de carbone et produire des saccharides (hydrates de carbone/glucides). Des bactéries photosynthétiques ne peuvent produire de l'hydrogène dans un tel processus. Elles effectuent une photosynthèse incomplète en utilisant de la chaleur ou l'énergie solaire pour la séparation et l'utilisation de l'hydrogène en produits intermédiaires, comme le gaz méthane, l'indol, le skatol, le captan de méthyle et diverses acides organiques qui sont produits lors du processus de décomposition de substances organiques.

    Ainsi, la chaleur nuisible et les produits intermédiaires qui sont produits lors du processus de la putréfaction, sont recyclés pour la synthèse des substances organiques par des bactéries photosynthétiques sans aucune production de chaleur et de gaz. Ces bactéries photosynthétiques existent toujours dans les grandes forêts des régions tropicales, et dans des forêts très humides qui ont une haute capacité de reproduction. En particulier, si les bactéries existent de manière symbiotique avec des bactéries fixant l'azote dans la rhizosphère, les plantes poussent parfaitement sans fertilisant. Cela se passe parce que les substances organiques synthétisées par les bactéries photosynthétiques sont absorbées comme source d'énergie organique par les plantes.

    Beaucoup de ceux qui font de la recherche dans le domaine de l'agriculture pensent que les acides aminés et les saccharides ne sont pas directement absorbés par les plantes, comme il a été écrit antérieurement, on croit que des substances organiques ne peuvent être absorbées par les plantes qu'après leur décomposition en substances inorganiques. Cette théorie s'applique effectivement au processus de décomposition putride (putréfactrice) mais elle est totalement fausse quand il s'agit du processus de fermentation ou synthèse.

     

    Contenances

    Il a également été démontré que les acides organiques tels le glucose et l'acide citrique et des acides aminés telles la proline et la méthionine peuvent être absorbés intacts à la surfaces des feuilles et des racines. Il y a de nombreux exemples de leur application pratique dans le sol ou sur des feuilles en tant que fertilisants organiques. S'ils existent seuls, seulement une petite quantité est absorbée, mais quand les saccharides et les acides aminés sont combinés ils sont très vite absorbés. Diverses substances nutritives organiques sont également utilisées dans la culture de tissus.

    Donc, si le sol est transformé en un sol zymogénique et synthétique, dans lequel des micro-organismes zymogéniques et synthétiques co-existent, cela rend possible l'utilisation efficace des substances organiques, la fertilisation par elle même de la terre sous des conditions d'humidité et de température normales. Puisqu'un sol peut, de manière synthétique ou zymogénique, transformer des substances nuisibles produites lors des processus naturels en substances utiles, les décomposeurs "putréfacteurs" et les bactéries porteuses de maladies ne peuvent infester les plantes.

    Ainsi, la terre devient propre et saine et peut supporter les changements subits de son environnement. Dans le district de Tohuku au Japon en 1988, le temps froid a causé beaucoup de dommages aux récoltes de riz. Cependant certaines rizières dans la Préfecture de Yamagata sur lesquelles des microorganismes zymogéniques et synthétiques furent appliqués, ont produit plus de 600 kg/10 a de riz, résultat meilleur qu'en année moyenne. Des rizières qui ont subies les méthodes conventionnelles d'agriculture ont produit seulement environ 240 kg/10 a de riz, soit moins de la moitié des résultats en rizières avec les microorganismes. Ce fait démontrer clairement à quel point les micro-organismes sont efficaces.

    Il y a quelque chose que je voudrais que vous notiez. Plusieurs journaux japonais ont rendu compte (14 décembre 1988) que l'agriculture biologique est efficace contre les basses températures. Leur compréhension est, cependant, complètement fausse. Ils ont rapportés que le niveau'de rendement des champs en agriculture biologique avait seulement diminué jusqu'à 360 kg / 10 a en 1988 en partant de 380 kg / 10 a en culture de riz en moyenne annuelle, alors que celui des rizières utilisant des fertilisants chimiques et pesticides était fortement réduit à 370 kg / 10 a en partant de 500 kg / 10 a pour cette même année, en moyenne annuelle.

    Ils ont rapporté que l'agriculture biologique était efficace, parce que le taux de réduction du rendement y était seulement de 5% tandis qu'en agriculture conventionnelle (classique) elle était de 30%, sachant que, le rendement absolu en agriculture conventionnelle dépassait de 10 kg / 10 a celui en agriculture biologique. Puisque cette dernière avait moins de rendement, on ne peut dire qu'elle était plus efficace contre le froid que l'agriculture conventionnelle. Nous devons interpréter ce fait comme voulant dire que, peu importe la méthode de culture, la rizière a la capacité intrinsèque de produire le rendement de 360 à 380 kg/10 a par temps froid.

    Il en serait tout autrement si le rendement de l'agriculture biologique était 500 kg/10 a dans une année moyenne et réduit de 5% à 480 kg/10 a en 1988. Cependant, il n'est pas raisonnable de comparer la tolérance des gènes en termes de proportion.

    L'exemple de la Préfecture de Yamagata, mentionné ci-dessus, est fondamentalement différent. Cet exemple montre à quel point l'application des micro-organismes est efficace.

    Il y a même un cas où le rendement du riz décortiqué était supérieur à 1.140 kg par 10 a quoiqu'étant encore au stade d'une expérience en pot. Il va sans dire qu'aucun fertilisant chimique ni autres produits chimiques agricoles n'ont été utilisés lors de cette expérience. Malgré cela, les épis de riz sont sortis pratiquement l'un après l'autre.

    Ainsi qu'il est démontré par cet exemple, les rizières peuvent produire une énorme quantité de riz ce qu'on ne peut pas attendre de l'agriculture conventionnelle. Ce résultat est obtenu en changeant le sol en sol zymogénique et synthétique et en y ajoutant suffisamment de substances organiques telles la paille de riz et des mauvaises herbes. Quoiqu'étant obtenu dans une expérience en pot, ce résultat peut être obtenu dans les champs si la méthode appropriée est utilisée. Donc, pouvoir doubler la production actuelle de riz n'est pas seulement un rêve. Avant, j'étais irrité par la vue des mauvaises herbes dans les champs, mais je peux les voir maintenant comme étant des fertilisants.

     

     

    XI. AVANTAGE DE L'APPLICATION DES MICROORGANISMES ZYMOGENIQUES ET SYNTHETIQUES

    Contenances

    On dit que l'agriculture est une lutte contre les maladies, les insectes et les mauvaises herbes. Comme je l'ai déjà expliqué, il est possible de supprimer l'infestation des maladies et des insectes nuisibles en mettant en valeur la capacité du sol à supprimer ces fléaux et en le transformant en sol zymogénique et synthétique. Il a déjà été démontré que ce principe peut être appliqué au désherbage.

    Les désherbants chimiques ont les pires effets, tel la pollution de l'environnement et la destruction de la sphère vitale des micro-organismes, c'est-à-dire sur les matières vivantes dans la terre. On les utilise, cependant, parce qu'ils font économiser beaucoup de main d'oeuvre et on dit alors qu'ils sont un mal nécessaire.

    Si des micro-organismes zymogéniques et synthétiques sont répandus dans le sol, les graines de mauvaises herbes dans la terre germent simultanément sans passer par une période dormante. Dans les champs qui ont été envahis par une grande quantité de mauvaises herbes, celles-ci poussent comme du gazon. Si on laboure ces mauvaises herbes dans le sol avec un tracteur, le désherbage est à peine nécessaire par la suite. Pour les rizières, cette méthode est beaucoup plus efficace que des désherbants.

    De surcroît, des herbes pérennes et des plantes bulbeuses fermentent et se déssèchent si leurs racines sont déterrées et abimées, et disparraissent totalement du champ après quelques plantations successives. Les parties des mauvaises herbes au-dessus de la terre, qui sont labourées dans la terre en même temps, "deviennent solubles" dans l'eau du sol et servent de fertilisants. Ainsi, on ne peut que remercier les mauvaises herbes.

    De cette manière, le problème d'obtention des substances organiques est également résolu, et la fertilisation de la terre peut être effectuée facilement si une combinaison appropriée de mauvaises herbes et des récoltes d'engrais vert {green manure) est prise en considération.

    Il a également été démontré que le taux de production de l'humus s'accroît de 2 à 3 fois ce qui réduit la densité de masse du sol, améliorant ainsi sa perméabilité à l'air, à l'eau et sa capacité de rétention d'eau. Ces résultats rendent plus facile la culture sans labour ainsi que des travaux agricoles plus simples.

    La plantation consécutive des tomates dans mon laboratoire en est maintenant à sa 17ème plantation. De plus, la culture sans labour est actuellement au stade pratique, et produit de bien meilleurs résultats que la culture avec labour, puisque la microflore et la faune dans la terre sont stabilisées.

    De surcroît, puisqu'aucune semelle de labour n'est formée dans les rizières, il n'est pas nécessaire de travailler le sol profondément avec un matériel type charrue, un travail du sol léger avec une herse étant suffisant. Puisque les mauvaises herbes peuvent être presque totalement supprimées de cette manière, il devient possible de semer directement dans les champs. Il n'est donc pas difficile de réduire la quantité d'heures par 10 a de main-d'oeuvre à moins de cinq heures, ou même à trois heures comme aux USA, si la culture est effectuée de façon efficace.

    Puisque le coût du matériel est très bas dans le système technique qui utilise les micro-organismes, il est évident qu'un tel système constitue une mesure très efficace et décisive vis-à-vis de l'ouverture du marché des produits agricoles. En outre, la très haute qualité des récoltes produites dans ce système est au plus grand bénéfice à la fois des producteurs et des consommateurs.

    Si un légume cultivé dans une terre zymogénique et synthétique et un autre légume cultivé dans une terre "putréfactrice" sont placés séparément dans des sacs en plastique avec de l'eau, même des non spécialistes pourront constater la différence: le légume poussé dans une terre "putréfactrice" commence rapidement à produire une odeur nauséabonde. Si on l'y laisse plus longtemps, des insectes nuisibles tels des mouches, des coléoptères/scarabées "snouts" (en anglais: snout beetles) et des drosophiles s'y rassemblent et y déposent leurs oeufs, faisant en sorte que le sac se remplisse de vers. De l'autre côté, le légume poussé dans une terre zymogénique et synthétique dégage une odeur agréable (composés aromatiques) de fermentation même après sa "dissolution" complète, aucun ver ne se trouvant dans le sac. Comme je l'ai déjà expliqué, des substances "putréfactrices" sont responsables non seulement de la réduction et de l'empêchement des activités cellulaires des plantes, mais contiennent également des éléments qui apportent divers insectes et maladies.

    Vous pouvez vous étonner que l'on n'ait pas pensé à un tel système d'agriculture bien auparavant étant donné ses grands avantages. En fait, quoiqu'en théorie il était possible d'effectuer la fermentation et la synthèse dans le sol, on pensait qu'il était impossible de réaliser cela et on n'a pas essayé de développer un tel système.

    Tout en étant assez facile une fois développé, ce système était exclu de l'étude de l'agriculture et du système technique de l' agriculture établis sur la base d'une culture inorganique.

    Des expériences sur l'application de la technique de ce système de recyclage d'énergie organique ont débuté il y a six ans, et ont commencé à s'étendre rapidement il y a environ trois ans. Il est de mon opinion que ce système technique peut largement faire face aux critiques éventuelles des spécialistes agricoles. J'ai également démarré u(1e série d'articles intitulée "De la Terre et des Cultures Zymogèniques et Synthétiques" dans la revue "Gendai Nohgyo" (Agriculture Aujourd'hui), qui est le mensuel consacré à l'agriculture ayant le plus grand nombre d'abonnés au Japon.

    Cette sétie, dont la durée sera d'un an, permettra de faire une description détaillée de ce système de recyclage organique.

     

     

    XII. AGRICULTURE NATURELLE ET COOPERATION INTERNATIONALE

    Contenances

    L'Agriculture Naturelle, qui utilise des micro-organismes, selon la vue de Mokichi Okada sur la nature, comme je l'ai décrite, fut présentée pour la première fois à la 6ème conférence de l'IFOAM (La Fédération Internationale des Mouvements d'Agriculture Biologique) qui a eu lieu aux USA (Université de Californie, Santa Cruz) en août 1986.

    L'Agriculture Naturelle fut accueillie favorablement par les chercheurs agricoles étrangers et beaucoup de personnes nous ont contactés. A la 7ème conférence de l'IFOAM qui a eu lieu au Burkina Faso en Afrique de l'Ouest en 1989, nous avons reçu de nombreuses demandes pour des conseils à propos du principe et de la pratique de l'Agriculture Naturelle.

    Nous avons donc décidé d'introduire l'Agriculture Naturelle d'abord dans les pays de l'Asie, et de tenir une conférence internationale sur l'Agriculture Naturelle Kyusei utilisant des micro-organismes, avec une attention particulière sur des cas en Thaïlande, en octobre 1989.

    Depuis 1986, la Thaïlande avait manifesté de l'enthousiasme pour l'introduction chez elle de la technique de l'Agriculture Naturelle utilisant des micro-organismes. Elle a envoyé des spécialistes agricoles à Okinawa, où se trouve mon laboratoire, et m'a demandé avec insistance de les soutenir pour démarrer un projet national de l'Agriculture Naturelle. A l'époque, je voulais également construire à l'échelle nationale un modèle de production alimentaire internationale. De plus, comme la Thaïlande a beaucoup de points, communs avec le Japon tant au niveau religieux que politique, et puisque j'ai beaucoup d'amis en Thaïlande dans le domaine de la culture d'orchidées et de fruits tropicaux, j'ai décidé de les soutenir activement pour la réalisation de leur projet.

    Avec le soutien entier du révérend Kazuo Wakugami, le directeur de Sekai Kyusei Kyo Thai Kyokai qui est assis à côté de moi, nous avons commencé des expériences pratiques suite à un discours particulier que j'ai fais à la conférence sur le compost qui a eu lieu en Thaïlande en octobre 1986. Comme vous le savez, la destruction des forêts, la dévastation et la désertification des terres agricoles dans le Nord-Est de la Thaïlande sont considérées par la conférence de l'ONU sur l'environnement humain comme étant l'un des trois exemples les plus graves de la destruction de l'environnement.

    On considère que le bidonville de Bangkok, qu'on pense être le pus grand du monde, est le résultat des dommages causés à l'agriculture dans la région du Nord-Est. De plus, cette région voisine des pays communistes et socialistes tels le Vietnam, le Laos, le Cambodge et le Myanmar (la Birmanie) est désignée comme une région spéciale vis-à-vis de la stabilisation sociale. Ayant été une région comprenant plusieurs grandes forêts et le Centre d'Agriculture en Thaïlande, cette région subit maintenant la "vengeance" de la nature après le développement sauvage qui avait négligé la sauvegarde de l'environnement.

    Cette situation constitue également une menace par rapport à la défense nationale de la Thaïlande, ce qui mène directement à une crise de la démocratie en Asie.

    Plusieurs personnalités japonaises importantes ont visité la région et ont promis à la Thailande d'offrir leur aide, mais la plupart n'ont rien fait à leur retour au Japon, ce qui a été une des raisons principales du discrédit sur le Japon par la Thaïlande.

    De surcroît, l'institut de recherche agricole construit à Khon Kaen dans le Nord-Est avec le soutien du gouvernement japonais (JICA : l'Agence Japonaise de Coopération Internationale) n'a pas produit, dans les six années depuis sa construction, de résultats concluants comme ceux réalisés par d'autres pays. En outre, la plupart des données des expériences qui y ont été menées, ont été ramenées au Japon sous prétexte du besoin de les revoir. Donc, l'institut possède peu de données et par conséquent les Thaïlandais ne lui font pas confiance.

    Il est également vrai que les Thaïlandais, quant à' eux, n'ont pas de politique unifiée sur l'ODA (Aide Officielle pour le Développement). Dans une situation comme cela, nous pouvons restaurer notre crédibilité non par des paroles mais en réalisant quelque chose. L'objectif de l'aide internationale est d'étendre plus loin les réalisations en offrant plus d'assistance.

    Je ne suis pas diplomate mais seulement professeur d'université du pays, n'ayant reçu aucune autorité du gouvernement japonais à part celle d'exercer mes fonctions. Cependant, il existe des liens étroits entre la préfecture d'Okinawa et la Thaïlande, à la fois historiquement et politiquement, et leur relation se renforce.

    Je suis ainsi en mesure de promouvoir encore plus l'amitié entre Okinawa et la Thaïlande.

    Je crois que "ce qui est bien doit être fait par ceux qui en sont conscients ou ceux qui peuvent le faire", peu importe leur place dans la société et leur autorité. Avec cette conviction et avec la coopération de Sekai Kyusei Kyo Thai Kyokai, j'ai contacté le Ministère d'Agriculture et des Coopératives de Thaïlande et les stations de recherche agricole de ce Ministère. J'ai contacté également l'Université de Khon Kaen, qui, est l'université jumelle de l'Université du Ryukyus, et l'Université de Chiang Mai. Nous avons par la suite commencé en collaboration des études pour un projet national de l'Agriculture Naturelle Kyusei utilisant des microorganismes.

    Toutes les études sont basées sur les résultats des expériences effectuées à la ferme de Sekai Kyusei Kyo Thai Kyokai en Thaïlande avec la participation de plusieurs spécialistes agricoles, au cours de mes visites dans ce pays à mes propres frais, lors des trois dernières années. Puisqu'une subvention est toujours nécessaire pour toute recherche appliquée, Sekai Kyusei Kyo nous a promis son aimable soutien par une dotation de 10 millions de yen par an pour le moment. La cérémonie d'inauguration de la dotation a eu lieu le 10 janvier 1989 à Bangkok présidée par le Ministre de l'Agriculture et des Coopératives. C'est ainsi que le projet de recherche en cours a démarré.

    Se référant à ce projet, un chef d'équipe de la JICA a fortement objecté nous disant: "Ne faites pas une chose qui va discréditer ce que nous avons établi pendant plusieurs années".

    Son objection était probablement due à son manque de compréhension de l'Agriculture Naturelle dans le passé. Je ne suis cependant pas membre de Sekai Kyusei Kyo, mais chercheur et professeur d'une université nationale, spécialiste de la culture de plantes, et nommé à la présidence de diverses conférences. Même s'il m'a pris pour un imposteur, comme en on voit souvent de nos jours, une telle attitude de méfiance sur des faits en plus de ses critiques basées sur des informations insuffisantes, doit être condamnée.

    Nous travaillons également pour la revitalisation des villages dans le domaine de la production agricole, l'installation des modèles les plus efficaces et les plus pratiques pour la sauvegarde de l'environnement et la plantation des arbres et diverses autres choses. Nous espérons recevoir le soutien du gouvernement japonais (ODA) pour ces modèles, et j'aimerais par conséquent vous demander votre soutien et votre coopération, Messieurs les Députés.

    De cette manière, la Thaïlande a décidé d'adopter l'Agriculture Naturelle Kyusei en utilisant des micro-organismes pour leur projet national. Ils ont déjà démarré des séminaires de formation à grande échelle à la ferme de Sekai Kyusei Kyo et dans d'autres fermes. Ces séminaires ont lieu deux fois par mois avec 30 à 40 participants à chaque séminaire. 50% des stagiaires viennent de l'armée. A présent, des séminaires locaux ont également lieu prIncipalement dans les fermes d'auto approvisionnement de l'armée, et elles produisent des résultats meilleurs que ce qu'on espérait.

    Donnant suite aux réalisations réussies en Thaïlande, la Conférence Internationale sur l'Agriculture Naturelle, prévue pour l'automne 1989, examinera comment la technique de l'Agriculture Naturelle, un système de recyclage d'énergie organique, peut être étendu systématiquement dans les pays d'Asie. J'ai déjà demandé à l' OISCA (l'Organisation pour l'Avancement Industriel, Spirituel et Culturel) et à la JICA d'y coopérer, et j'ai également l'intention de demander la coopération de diverses organisations internationales.

     

     

    XIII. ETAT ACTUEL DE L'AGRICULTURE NATURELLE

    UTILISANT DES MICRO-ORGANISMES DANS LE SOL.

    Contenances

    Pour réaliser l'idéal de l'Agriculture Naturelle que j'ai décrit, nous effectuons, depuis 1984, des expériences pratiques à travers le pays sur la nouvelle Agriculture Naturelle, qui combine l'Agriculture Naturelle avec des micro-organismes efficaces, et transforme le sol en sol zymogénique et synthétique ayant la capacité d'éliminer les maladies. Actuellement, des expériences sont effectuées à Hokkaïdo, l'île la plus au Nord, à Okinawa, l'île la plus au Sud, ainsi qu'à Taïwan, en Thaïlande, au Qatar, aux USA et au Brésil. Ces expériences créent de bonnes perspectives d'application pratique de l'Agriculture Naturelle Kyusei.

    Il est évident que les résultats au Japon, ainsi que les résultats de toutes ces expériences s'approchent de près de l'idéal de l'Agriculture Naturelle. Nous avons maintenant d'excellentes perspectives pour satisfaire tous les besoins si davantage d'expériences sont rassemblées.

    Nous avons obtenu des résultats supérieurs pour les rizières et pour la culture maraîchère, et de bonnes perspectives pour la culture sans pesticide des arbres fruitiers caduques (feuillus) tels les poiriers, les pommiers, les abricotiers japonais, et nous testons également la culture sans labour. Toutes ces choses produisent des résultats au-delà de notre attente. En outre, il est évident que l'élimination des mauvaises herbes, des maladies et des insectes avec l'utilisation des micro-organismes est très efficace pour la prévention de la pollution écologique de l'eau douce de la terre, des lacs et des rivières.

    Nous avons maintenant beaucoup de résultats impressionants où, en plus de l'avantage ci-dessus mentionné, aucun engrais chimique ni, produit agricole n'avait été utilisé, presque pas de compost, le désherbage était très facile, et l'obtention de rendement doublé par le non labour.

    En combinant les différentes techniques que j'ai décrites, il est possible d'établir un système agricole qui diffère complètement des méthodes d'agriculture conventionnelle. Ce système est en même temps extrêmement simple et durable tout en étant économique et efficace pour la préservation et la protection de l'environnement. Les coûts de production des récoltes cultivées selon un tel système peuvent être très bas. Ces récoltes peuvent ainsi concurrencer efficacement les récoltes bon marché de l'étranger même si le commerce des produits agricoles est ouvert. Si on prend en compte à la fois la qualité de telles récoltes et leur prix de revient, il est même possible de les exporter.

    En plus, l'alimentation saine mène directement à la réduction des frais médicaux. Il est bien connu que le coût des dépenses médicales au Japon qui dépasse actuellement 20 trillions de yen devient une lourde charge qui pèse sur le budget national. La nouvelle Agriculture Naturelle a le potentiel de résoudre, suivant le principe de la création, les problèmes de la production agricole, ceux de la médecine et de la pollution de l'environnement au niveau planétaire, et celui de l'augmentation de la température globale due au dioxide de carbone. Nous avons l'intention d'élargir et d'étendre l'Agriculture Naturelle pour y inclure les mesures permettant de résoudre de tels problèmes.

    Merci beaucoup de votre attention.

    Cet article est basé sur la conférence donnée par l'auteur lors du séminaire pour des Députés japonais à l'Institut de Sciences Politiques (Seisaku Kagaku Kenkyujo), le 15 décembre, 1988.

    Vous ne pouvez pas faire pousser une plante ou élever un animal sans instinctivement aimer la plante ou l'animal. Vous ne pouvez l'aimer que lorsque votre champ vibratoire est aggrandi et assorti avec celui de la plante ou de l'animal formant un canal commun. Le canal vibratoire prend origine dans les gènes (ADN) que l'être humain a obtenu lors de son processus d'évolution, et qui sont communs aux humains et à la plante ou à l'animal.

    Par conséquent, il n'est pas particulièrement étonnant que les êtres humains et les plantes ou animaux puissent communiquer et se comprendre entre eux. Cela est possible si la vibration de leur ADN est assortie suite à une observation attentive et répetée. L'être humain est en haut de l'échelle d'évolution de toute chose vivante sur Terre. D'un autre point de vue, on pourrait dire que tous les autres êtres vivants existent pour développer l'être humain, et que dans le sens plus large d'évolution, ils sont les alter égos de l'être humain. Par conséquent, détruire d'une manière insensée la nature équivaut à détruire l'être humain lui même. L'homme, qu'on dit être le seigneur de la création, a le devoir de reconnaitre l'importance de l'existence de toute la création et celui de la protéger, car il est le représentant de l'évolution dans la nature.

    Selon cette idée de l'évolution, l'être humain ne peut être compris en étudiant d'autres animaux. Eux réprésentent les chemins déjà parcourus et ne montrent pas le chemin que nous suivons. Donc, de quelle manière l'être humain doit-il évoluer? La seule façon dont nous pouvons évoluer est de dépasser le niveau physique et d'aller au niveau spirituel. C'est à dire, je pense, que notre évolution dans l'avenir n'est possible que dans la mesure où elle s'approche de Dieu. Sans cette notion d'évolution il est très difficile de résoudre complètement divers problèmes qui existent actuellement sur la terre.

     

     

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